Le Projet

Pourquoi Au Fait’?

Oui, pourquoi, alors que la presse papier va mal, et à l’heure où l’information du monde est à portée d’un clic, un nouveau magazine ? Et, question subsidiaire, pourquoi le priver délibérément, comme sa version numérique, de toute recette publicitaire ?

 

Parce que.

Parce qu’entre l’enquête trop courte des magazines et les livres trop longs des journalistes, il y a la place pour un travail d’investigation long, fouillé, vérifié, sur les grands sujets du moment, qui expliquent la France et la Planète tels qu’ils vont.
Parce qu’entre un monde ancien en train de disparaître et l’autre, si différent, qui émerge, entre un politique de moins en moins audible et un économique de plus en plus présent, il y a une attente de sens et de compréhension qui va au-delà du simple besoin d’être informé.
Parce que la satisfaction de cette exigence nécessite un ingrédient essentiel : du temps.
Un temps lent pour enquêter et recueillir la parole ; un temps long pour la lecture.
Parce que s’en remettre à ses seuls lecteurs/internautes pour assurer ses fins de mois est un gage d’indépendance à l’égard de tous les pouvoirs.

PLAIDOYER POUR UN MEDIA LENT

Depuis La Fontaine et sa tortue, on connaissait les vertus de la lenteur ; côté journalisme, on s’était plutôt habitué à la vitesse et l’urgence. Sortir une info avant les autres, informer le public au plus vite, autant d’exigences que l’arrivée d’internet et des nouvelles technologies ont fait passer du rang de charme à celui d’impératif, conduisant sans état d’âme à l’accouplement de l’urgence et du grégaire.
Sauf qu’avoir le nez sur cette actualité prenante et sur elle seule conduit à une inéluctable myopie du monde, à un écrasement du regard sur une succession de parties qui finissent par ne jamais faire un tout.
C’est pour remonter à la surface et donner un vrai coup de rein au fond de la piscine où entraîne cette gravité (au sens de Newton) du quotidien que nous souhaitons promouvoir les vertus du média lent.

La première de ces vertus tient au fait que l’urgence, la concurrence conduisent souvent à dire et écrire des bêtises. Cette pression déraisonnable incite à donner des informations forcément partielles, nécessairement simplistes, parfois fausses. C’est entré dans l’histoire récente sous le nom de syndrome de Timisoara, du nom de cette ville de Roumanie où, en 1989, aurait eu lieu un massacre de masse ; il a fallu plus d’un mois pour découvrir que les 70 000 tués relevaient de la fausse information. Aucun compte n’a été tenu des arguments de ceux qui doutaient : leurs remarques n’allaient pas dans le sens de l’histoire.
Se poser, regarder. Entre le temps des historiens et celui d’une immédiateté superficielle, il existe une place à élargir pour ce temps lent.

La deuxième raison tient à la conjoncture contemporaine. Un temps de murs et d’obstacles de plus en plus haut dressés devant les « désireux de savoir ». En effet, ceux que nous avons élus n’ont pas le pouvoir et ceux qui ont le pouvoir n’ont pas été élus. Bruno Le Maire avec Jours de Pouvoirs vient dans ce registre de faire un écho aussi triste que talentueux au formidable film L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller. Les turpitudes de cette impotence sont masquées par des paravents nommés services de communication articulant contorsions et éléments de langages comme des perles sur un collier.
Du côté de ceux qui ont la réalité du pouvoir, c’est à dire du pouvoir économique, la communication est devenue le rempart plus ou moins souriant qui doit éloigner à coups de gousses d’ail, pattes de lapin et autres talismans l’un des deux individus qui donnent véritablement de l’urticaire aux décideurs : le journaliste (l’autre étant le juge).
Selon une étude rapportée dans l’ouvrage The Death and Life of American Journalism, les emplois de communicants au sens large du terme ont doublé, passant de 135 000 à 270 000, entre 1980 et 2010 aux Etats-Unis. Durant la même période, le nombre de journalistes baissait de 20%, de 63 000 à 51 000. Comment aujourd’hui espérer se rapprocher d’une quelconque vérité si vous êtes confronté à la quête d’une information défendue par des chevaux de frise ? Seul un pas de côté et, surtout, la durée, la patience peuvent venir à bout des épaisseurs et des douves mis en place par ces services de com’.

La dernière raison tient paradoxalement au rapport étroit qu’entretiennent pour tout observateur attentif le temps et l’espace. L’Å“il collé sur la vitre interdit de voir la fenêtre. C’est en ayant ce recul sur les choses, recul donné par le temps, que l’on peut se dégager des contraintes, observer plus large. Et relire Stendhal : « une mouche éphémère naît à neuf heures du matin dans les grands jours d’été pour mourir à cinq heures du soir ; comment comprendrait-elle le sens du mot nuit ? » Le temps donne de la hauteur.

Trois bonnes raisons pour vraiment prendre son temps. Se poser pour mieux regarder les choses, les comprendre et proposer au lecteur de scruter avec lenteur un monde qui voudrait nous faire croire qu’il va plus vite que le monde d’hier alors que l’on ne fait que regarder plus mal le monde d’aujourd’hui.

Alors, voici Au Fait.

« Le temps
est le seul capital
des gens
qui n’ont que
leur intelligence
pour fortune »

Balzac

C’est quoi Au Fait’?

Dans chaque numéro, 84 pages pour comprendre et réfléchir

Le magazine est vendu dans les réseaux presse, mais aussi en librairie.
Il propose deux contenus exclusivement : une enquête au long cours et un grand entretien.

L’entretien
20 pages
pour voir le monde
autrement
Loin des mêmes « bons clients »
systématiquement sollicités par
les médias, il existe de nombreuses
personnalités susceptibles d’offrir
un regard, une interprétation
du monde changeant. Au Fait leur
donne la parole et l’espace
pour développer leurs idées.
Le dossier
60 pages
pour une plongée
dans l’information
Mois après mois, les enquêtes
ont une thématique commune :
être représentatives des évolutions
de la France et du monde à l’heure
où la cadence du changement
s’emballe. Sans porter de jugement,
elles n’ont pour ambition
que d’aider à comprendre ;
elles sont réalisées avec rigueur
et honnêteté.
Une maquette et un magazine soignés
Des partis pris graphiques forts au service d’une maquette accessible
et élégante. Seules des illustrations enrichissent le dossier, les photos
étant l’apanage de l’entretien. En couverture comme à l’intérieur,
des papiers de qualité supérieure et un dos carré apparentent
le magazine à un livre. Sur la forme comme sur le fond,
la notion de plaisir est essentielle.

 

Zéro publicité

L’objectif de ne dépendre d’aucun
annonceur, donc d’aucun pouvoir,
se double d’une dimension esthétique.
Le lecteur et l’internaute sont les seuls
juges de paix.

Du temps long pour chaque enquête

Dans Au Fait, les sujets sont commandés longtemps avant
la date prévue de parution. Ce temps mis à disposition
des journalistes est essentiel pour la qualité des enquêtes,
le recoupement des informations et le travail d’écriture.
Sur certains sujets complexes, plusieurs journalistes
peuvent être amenés à collaborer.

… Et une version iPad enrichie

Parallèlement à l’édition print, accédez à la version tablette de Au Fait. Avec des contenus enrichis.


Une expérience tablette
Animation des illustrations et des pages, fluidité de la circulation dans les textes et les chapitres : la version iPad est téléchargeable.
Des compléments d’information
Liens vers des informations supplémentaires, videos du « making of », photos non parues…
Au fil des numéros, les versions numériques bénéficient de ces petits plus permis par la technologie.

 

Qui fait Au Fait’?

L’équipe éditoriale

 

Xavier Delacroix, directeur de la publication, consultant et éthologue. Diplômé de Sciences Po Paris, de la London School of Economics et de l’INSEAD, il a dirigé le cabinet de conseil First&42nd depuis sa création en 2002. Auteur de nombreux livres, il a été journaliste à la BBC à Londres, a collaboré à Esprit, Les Temps Modernes, Le Sport, Libération, L’Express et plusieurs maisons d’édition parisiennes.

Patrick Blain, rédacteur en chef, 35 ans d’expérience dans la presse, dont 25 dans des postes de rédaction en chef (12 au Parisien – Aujourd’hui en France). Reporter à l’origine, il s’est fait une spécialité du lancement ou de la refonte de journaux.

Comité éditorial – Lucas Delattre, ancien correspondant du Monde en Allemagne ; Bernard Poulet, journaliste au Matin de Paris, à L’Evénément du Jeudi et rédacteur en chef à L’Expansion ; Bernard Raudin-Dupac, journaliste indépendant.

Laurent Villemont, directeur artistique. Maquettiste, graphiste, en charge de l’illustration, il a longuement collaboré à une agence de presse spécialisée dans l’infographie. Aujourd’hui, il possède sa propre agence de design graphique, Iségoria Communication.

Contributeurs

 

Des auteurs enquêteurs sont mis à contribution. Il s’agit le plus souvent de journalistes confirmés, en poste dans des rédactions ou installés à leur compte. Leurs caractéristiques communes sont la connaissance experte de la matière traitée et le temps long qui leur est laissé pour mener leurs travaux.

Des illustrateurs sont sollicités pour accompagner et mettre en scène chaque mois le dossier. Les illustrations permettent de donner une valeur ajoutée au travail de l’enquêteur. Au Fait a choisi de donner leur chance à des jeunes illustrateurs de talent.

Les photographes ont toute leur place dans la séquence entretien. Au-delà des portraits en situation, leur mission consiste à capter tout ce qui constitue l’environnement immédiat des personnalités interrogées.